Randonnée du 27.08.2025 / Wildstrubelhütte / 13 participants

Chef de course: Gijsbert de R.

Malgré un ciel capricieux, mi-figue mi-raisin, qui a accompagné notre épopée du jour — mais étrangement complice pour sublimer nos photos — notre guide Gijsbert, maître du temps et des instants, a mené la danse avec une justesse remarquable.

Chaque pause, chaque halte en cabane semblait réglée par une invisible horloge alpine, si bien que nous avons échappé aux pluies diluviennes annoncées : seules quelques larmes du ciel sont venues caresser nos visages à la toute fin du périple.

La Plaine Morte, majestueuse et fragile, avec son glacier qui s’éteint peu à peu comme une chandelle vacillante, nous confronte à la réalité implacable du climat qui change.

Là-haut, le monde semblait appartenir à la lune : un univers minéral, brut, sans herbe ni fleur, mais constellé de roches aux mille couleurs et formes insoupçonnées. Témoins silencieux du temps, ces calcaires, autrefois engloutis sous l’océan il y a des millions d’années, portent encore les cicatrices de l’érosion glaciale.

À la Wysshorelücke, nous avons mesuré combien le chemin ancien — jadis tapis sous la neige du versant nord — a disparu, effacé par les éboulements. Désormais, un nouveau passage, hérissé de chaînes étincelantes, nous a guidés au plus près des murailles du Wysshore.

Nous avons gravi cinquante mètres de roche brute, avant de redescendre, frôlant presque les imposantes forteresses militaires dont les radars, tels des sentinelles de fer, veillent inlassablement sur le ciel de notre patrie.

Ce fut un aller-retour digne des mémoires, une traversée unique au cœur d’une terre grandiose — et c’est là, précisément, que se révèle tout l’amour profond que nous portons à ce territoire.

Rejoints au point de départ, nous avons dévalé grâce aux installations, pour enfin savourer l’ultime récompense : la boisson traditionnelle, bien méritée, cette fois généreusement offerte par notre chère Nicole M.