2026-15v2/16.09 / Stafel – Niwen (aller-retour)
15 participants
OdR : Pier Giorgio R. + Nicole Z
La brebis du Niwen – entre ciel, montagne et amitié
Dans l’Évangile selon saint Luc (15,3-7), Jésus raconte l’histoire d’une brebis qui s’est égarée. Le berger quitte les quatre-vingt-dix-neuf autres pour partir à sa recherche. Et lorsqu’il la retrouve, il la prend sur ses épaules et revient, heureux, partager sa joie avec ses amis.
Ce mercredi, le GDR du CAS de Sierre a, sans l’avoir vraiment prévu, donné à cette belle parabole une étonnante dimension montagnarde…
Nous étions quinze, réunis pour partir à la conquête du Niwen.
Les prévisions météorologiques n’étaient pourtant pas très rassurantes. Mais la montagne, ce jour-là, avait décidé de se montrer généreuse. Pas de froid, presque pas de vent, quelques rayons de soleil venus caresser les pentes et, vers le nord, de grands nuages gris dessinant sur le ciel quelques touches de mélancolie en direction du canton de Berne. Une de ces journées où la montagne ne se donne pas entièrement, mais où elle nous laisse deviner sa beauté.
À 2600 mètres, le groupe s’est naturellement séparé.
Les plus sportifs, conduits par notre infatigable Nicole Z., ont poursuivi leur chemin vers les hauteurs, affrontant la pente raide qui mène au sommet. Le sentier, contrairement à celui que j’avais découvert lors de ma reconnaissance au mois de juin, s’était considérablement amélioré. La montagne semblait, elle aussi, avoir préparé le terrain pour nous accueillir.
Un autre groupe de sept amis, après une courte pause, a choisi de redescendre tranquillement vers Stafel, notre point de départ. Et c’est alors que la montagne nous réservait une rencontre inattendue.
Depuis quelque temps déjà, nous entendions des bêlements. Des appels insistants, presque désespérés. Une brebis semblait avoir perdu son chemin et cherchait son troupeau.
Nous avions notre objectif : redescendre.
Elle avait le sien : retrouver les siens.
Alors, naturellement, nous avons changé de mission. Nous étions sept. Elle était seule. Nous pensions probablement que sept randonneurs adultes face à une brebis ne pouvaient qu’avoir le dessus. Nous avions oublié un détail essentiel : la brebis avait son propre programme !
Commence alors une véritable opération de sauvetage pastoral. Quelques appels, quelques gestes, quelques détours… et, pour ma part, quelques vigoureuses consignes en dialecte tessinois dont je tairai ici le contenu, par respect pour nos lecteurs et surtout pour la dignité de la brebis !
Nous avons parcouru ainsi quelques kilomètres supplémentaires, essayant de lui faire comprendre que le bon chemin n’était pas celui qu’elle avait choisi. Ce fut laborieux. Ce fut parfois comique. Mais ce fut surtout une belle leçon de patience. Et nous avons alors compris pourquoi, depuis des siècles, les bergers ont besoin de chiens de berger : sept randonneurs, même motivés, ne remplacent décidément pas un bon chien !
Finalement, après bien des hésitations et quelques négociations, notre brebis a retrouvé le chemin du troupeau. La brebis était perdue… elle fut retrouvée. Et, pendant un instant, nous avons souri en pensant à la parabole de saint Luc. Nous n’étions certes pas des bergers de Palestine, mais ce jour-là, sur les alpages de Stafel, nous avions compris quelque chose de très simple : en montagne comme dans la vie, il vaut parfois la peine de ralentir pour attendre celui qui s’est égaré.
Après cette aventure pastorale, nous avons pris le temps de visiter la jolie chapelle de Stafel.
Puis, comme toujours, la montagne nous a ramenés vers ce qui fait aussi le charme de nos mercredis : l’amitié et la convivialité. Notre Georges, fidèle à lui-même et à son extraordinaire fourgon, a installé son petit quartier général. Boissons fraîches, petites douceurs et musique en arrière-plan : le traditionnel « verre de l’amitié » pouvait commencer.
Le sommet n’était peut-être pas pour tout le monde ce jour-là. Mais nous avions gagné autre chose. Nous avions partagé un chemin, un paysage, quelques efforts, beaucoup de sourires… et même une mission de sauvetage improvisée.
Une journée finalement placée sous un joli signe, celui de saint Wendelin, patron des bergers.
Et comme si la montagne voulait nous offrir une dernière petite touche d’humour, ce n’est qu’au moment de reprendre les voitures pour redescendre dans la vallée que quelques gouttes de pluie sont venues nous accompagner. Juste assez pour nous rappeler que la météo avait bien raison… mais simplement un peu trop tard !
Quinze randonneurs, deux groupes, un sommet, une chapelle, une brebis égarée, sept bergers improvisés et quelques kilomètres supplémentaires : voilà le souvenir que nous garderons de cette belle journée.
Car au fond, nos sorties du mercredi ne se mesurent pas seulement en kilomètres, en mètres de dénivelé ou en sommets atteints. Elles se mesurent surtout en moments partagés, en amitié et en souvenirs. Et peut-être est-ce cela, finalement, le véritable esprit du GDR : nous partons ensemble, nous avançons ensemble… et lorsque l’un de nous s’égare, nous prenons le temps de le ramener avec nous.
CAS Sierre – Sur les chemins de la montagne, personne ne se perd vraiment quand l’amitié montre le chemin.
Pier Giorgio