17-19.04.2026 Mini haute route valaisanne (du Jungfraujoch au Lötschental)  

 

 Chefs de course: Thomas Neven-Scharnigg

Guide et Aspirant : Sebastien Rouiller et Jocelyn Minimi

Participants : 10+2

Du 17 au 19 avril, le Club alpin de Sierre a vécu une traversée aussi contrastée que spectaculaire, du Jungfraujoch à Blatten, sous la conduite de Sébastien Rouiller. Trois jours intenses, mêlant ambiance haute montagne, passages glaciaires grandioses et moments de franche convivialité.

Le rendez-vous est donné sur le quai de la gare de Sierre. À dix participants, le groupe se retrouve dans l’excitation du départ. Le voyage en transports nous mène jusqu’au Jungfraujoch, non sans tester au passage la toute nouvelle télécabine (trop) ultramoderne entre Grindelwald Terminal et l’Eiger Gletscher. L’arrivée à 3571 mètres surprend : au milieu des touristes en baskets, des vitrines, des stands de souvenirs et du restaurant Bollywood, le contraste est saisissant. Une atmosphère presque irréelle, entre parc d’attractions et haute montagne.

Très vite pourtant, nous retrouvons notre terrain de jeu. Depuis la plateforme du Sphynx, nous entamons une belle traversée au pied du Mönch. Une courte descente à skis précède la remontée vers le Trugberg. Là, le panorama est à couper le souffle : la Konkordiaplatz s’étend sous nos yeux, entourée de l’Aletschhorn et des nombreux 4000 qui dominent la région. S’ensuit une longue et magnifique descente, au fil des séracs, jusqu’au glacier d’Aletsch. Le spectacle est grandiose, presque irréel tant les dimensions sont impressionnantes.

La journée n’est pourtant pas terminée : il reste encore à gravir les 580 marches menant à la cabane Konkordia. Un dernier effort qui met les jambes à l’épreuve. À l’arrivée, l’ambiance rappelle une kermesse tant l’affluence est importante. Mais la chance est avec nous : notre groupe se voit attribuer la Häslihütte, le local d’hiver, où nous trouvons refuge à l’écart de l’agitation. La soirée se déroule dans une atmosphère intime, ponctuée d’allers-retours quelque peu acrobatiques pour aller chercher le repas à la cabane principale. Descendre ces marches irrégulières, entre graviers et plaques de glace, en crocs, avec une soupière fumante ou un plat de spaghettis à la main, restera un souvenir mémorable.

Le lendemain, l’échauffement commence… par la descente des 580 marches à la frontale. Une fois sur le glacier, nous remontons progressivement en direction de l’Äbni Flue. Sébastien sécurise le couloir avec quelques broches et une boîte aux lettres dans mélange neige-glace, permettant au groupe de progresser en sécurité. Tous atteignent le sommet sans encombre. Mais le vent et une température bien fraîche ne nous incitent pas à nous attarder. La descente vers la cabane Hollandia se fait sur une neige pure moquette, qui offre un vrai moment de plaisir.

Le troisième jour, les conditions se dégradent. La mauvaise visibilité nous contraint à renoncer à toute ambition alpine supplémentaire et à redescendre la vallée par le glacier du Lötschental. La descente est longue et belle, mais la neige, dure comme du béton par endroits, nous secoue vigoureusement. Nous parvenons à skier presque jusqu’à Blatten, avant de devoir remettre les skis sur le sac.

La suite du parcours se fait à pied, sur le nouveau chemin de contournement construit par l’armée. Le passage au-dessus du village disparu marque les esprits : quelques toits émergent encore de l’eau, des chalets abandonnés ponctuent la pente. Le contraste avec la grandeur des glaciers est frappant, presque poignant. Après environ deux heures de marche à travers la forêt jusqu’à Wyler, le car postal nous ramène finalement à Gampel.

Au terme de cette traversée, chacun garde en mémoire une sortie d’une grande richesse : paysages grandioses, conditions variées, moments parfois engagés, souvent légers, toujours partagés dans une excellente ambiance. Une belle réussite, portée par la cohésion du groupe et l’encadrement solide et attentif de Sébastien Rouiller.

Muriel MacGeorge

27-29.04.2026 Sortie au Trifthorn  

 

 Chefs de course: Bieri Vincent

Participants : 5+1

Initialement prévue de Zinal à Zermatt avec un crochet par le Trifthorn (sommet moins connu niché entre deux géants des Alpes : le Zinalrothorn et l’Obergabelhorn), notre itinéraire a été adapté en cours de route.

Le groupe a bien atteint le sommet du Trifthorn, mais nous sommes redescendus sur Zinal plutôt que vers Zermatt afin de profiter d’un créneau météo matinal favorable pour skier en toute visibilité et rentrer avant l’arrivée du mauvais temps.

Un bonus de 5 cm de neige tombée durant la nuit a offert des conditions de ski exceptionnelles jusqu’à la grotte du glacier de Zinal.

Les conditions au Trifthorn n’étaient pas idéales (peu de neige, beaucoup de glace), mais avec précaution et rigueur sécuritaire, le groupe a réussi la montée au sommet avant de s’offrir une magnifique descente à ski dans une moquette parfaite.

Pour finir, un rosti magistral à la Cabane du Grand Mountet pour récupérer.

Bonne ambiance, groupe homogène et esprit d’équipe au rendez-vous.

Un grand merci à tous !

 

Trifthorn hier et y a quelques années ou j avais skié du sommet…. (Vincent B.)

08.02.2026 dimanche – Sortie d’initiation au freeride – Grimentz/Zinal

 

 Chefs de course: Thomas Neven-Scharnigg / Adjoint : Carlo Maino

Participants : 5+2

La journée devait partir sous un grand soleil annoncé « peut être » mais qui, finalement, ne nous a pas quittés et qui a donné un peu de couleur à nos visages d’hiver.

La matinée commence tôt pour notre petit groupe au départ de Sierre : covoiturage, discussions déjà animées et un premier briefing sur ce qui nous attend. À Grimentz, nous retrouvons le reste de l’équipe, tout aussi motivée et prête à découvrir (ou redécouvrir) les joies du free-ride en bonne compagnie.

Côté neige, bonne surprise : bien meilleure que l’année dernière, et même saupoudrée de poudre fraîche grâce aux petites chutes des jours précédents. Quelques zones encore vierges n’attendaient que nous.

Cabinovia, première piste « réveil de jambes », et très vite nous voilà au sommet du téléski d’Orzival, prêts à entrer dans le vif du sujet. Les jambes chauffent déjà.

Premier couloir vers la piste Abondance : objectif, observer les techniques de chacun. Thomas partage son expérience, tandis que Carlo, avec son œil de maestro di sci, apporte les ajustements plus pointus. Le duo fonctionne à merveille, et leurs conseils nous accompagneront tout au long de la journée.

Puis vient l’envie collective : tenter la grande descente d’Orzival. Mille mètres de dénivelé négatif, de pure adrénaline, de neige fraîche et de concentration.

À chaque étape, l’évaluation du risque d’avalanche est rigoureuse, garantie de sécurité.

Pour ma part, malgré une appréhension bien présente, j’ai choisi de m’appuyer sur le groupe, sur l’encadrement, et de dépasser un peu mes limites. Je ne regrette rien : cette descente restera l’un de mes beaux moments de progression. Je suis heureuse et fière d’avoir osé.

Après un repas bien mérité, direction Zinal pour la suite : encore deux belles descentes, l’une dans le domaine Free-Ride, l’autre jusqu’au barrage de Moiry. Là, un dernier exercice de lucidité collective : une plaque de glace bleue nous barre la route… et décision unanime de remonter un peu pour choisir une variante plus sûre en traversant le barrage. Les jambes protestent, mais la montagne, elle, apprécie toujours les décisions prudentes : s’il y a un doute, alors il n’y a aucun doute.

Un grand merci à Thomas et Carlo pour leur temps, leur calme et leur expertise, et à chaque participant pour la bonne humeur, les encouragements, et les petits mots qui, parfois, valent autant que les virages réussis.

Laura F

 

24.01.2026 samedi – Signalhorn (2910m)

 Chefs de course: Thomas Neven-Scharnigg / Adjoint : Carlo Maino

Participants : 8+2

Il y a des sorties où tout s’enchaîne à la perfection, et d’autres où l’on prend surtout de bonnes décisions. Celle-ci fait clairement partie des deux.

Tout commence par la découverte de Eischoll, station aussi reculée que charmante, perchée au-dessus de la vallée du Rhône. Un de ces endroits où l’on se demande si le GPS ne nous testerait pas un peu. Deux installations du domaine nous permettent de prendre rapidement de la hauteur — luxe assumé et parfaitement accepté par les dix participants.

Dès le départ, le décor est planté : grand soleil, ciel bleu insolent, mais un danger d’avalanche annoncé à 3 qui nous rappelle que la montagne, elle, ne plaisante jamais. Thomas, notre chef de course, cadre le plan avec calme pendant que chacun ajuste peaux et couches.

La montée débute par une belle traversée en forêt, ambiance carte postale, silence feutré et traces fraîches. Le rythme est bon, les discussions vont bon train, et personne n’avoue encore avoir froid (mais certains y pensent déjà).

En sortant de la forêt, l’ambiance change : le vent s’est invité au-dessus, et la neige nettement soufflée nous accueille au col (~2750 m). Après une pause bien méritée et un rapide check météo–moral–orteils, le groupe se livre à un exercice rare mais précieux : un vote collectif. Verdict : on renonce au sommet. Neige peu engageante, vent frais, et quelques doigts franchement pas enthousiastes — sagesse alpine validée.

 La montagne ne nous en veut pas et nous récompense aussitôt. À la descente, de superbes pans de poudreuse nous attendent, joueurs et légers, avant un retour tout en fluidité dans la forêt. Les virages s’enchaînent, les sourires aussi, et l’on rejoint tranquillement le bas de la piste, satisfaits et légèrement affamés.

Pour conclure cette journée comme il se doit, arrêt stratégique au Restaurant Panorama Eischoll. Pique-nique sorti des sacs, thermos héroïques, rires, débriefing et célébration d’une belle excursion de 780 m de D+, sans sommet mais avec tout ce qui compte vraiment.

Morale du jour : Un sommet, c’est optionnel. Une bonne décision collective, de la poudreuse et un pique-nique au soleil — ça, c’est essentiel.

Maël M